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Ce soir à la télé, un film exceptionnel, à ne pas rater, « Timbuktu ».
Posté il y a 7 jours par Temoudjine

Vous vous en souvenez sans doute. Tombouctou, en son temps, « Timbuktu » en langage vernaculaire sahélien, est tombée sous le joug des djihadistes, des islamistes extrémistes religieux. Les télévisions l’ont fait vivre en quasi direct à toute la planète. Les destructions de sites historiques anciens ; l’incendie des bibliothèques de manuscrits rares ; l’application de la Charia avec sa cruauté gratuite et tous les excès qui vont avec envers les femmes ; qui portant n’avaient déjà pas la vie facile ; l’interdiction de la musique et même du foot pour les enfants ; et les multiples autres sévices contre la population que promeut la charia, du genre lapidation sur simple soupçon du mari souhaitant se débarrasser  de sa femme mais n’osant pas la répudier pour des raisons diverses ; ou décapitation des individus qui déplaisent aux islamistes, rien ne fut épargné à la population de Tombouctou et de sa région.  

Kidane, le personnage central du film,   mène une vie simple et paisible d’éleveur dans les dunes proches de Tombouctou. Il vit avec  sa femme Satima, sa fille Toya, et  Issan, un petit berger âgé de 12 ans. Mais les djihadistes arrivent, amenant le feu, le fer, la terreur et la mort.

Hélas, c’est une histoire vraie. Qui s'est reproduite des dizaines de milliers de fois. 

«  En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football. Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques.


Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s'en est pris à GPS, sa vache préférée. Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs ».

C’est ce que raconte ce film, composé hélas de séquences dont les modèles originaux se sont déroulées des dizaines de milliers de fois en Afrique ou au Moyen-Orient, partout où l’islam politique et conquérant s’est installé. À noter que ce spectacle comporte des scènes réalistes qui amènent à le déconseiller aux jeunes enfants. Des situations, des propos ou des images, peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

 

Un film rare qui a obtenu une quantité de récompenses, de prix, de Césars, ou de distinctions  étrangères.

 

Il faut préciser que ce film est présenté là avec sa bande son originale. Ceux qui sont peu familiers des langues touareg ou de l’arabe populaire seront un peu dépaysés au début. Mais la force et la qualité de ce film sont telles que  l’on peut le suivre sans aucun problème, et que le caractère particulier du film en sort renforcé.

 

Juste un détail historique. Mais c’est entre nous et ne le répétez pas, parce que cela irrite fortement les islamistes. Et nombre de musulmans qui ne sont pas islamistes extrémistes.  Tombouctou est depuis des siècles la ville des mythes et des bibliothèques. Au XVI ° siècle déjà, dans une ville relativement opulente et riche grâce au commerce, l’on y avait installé des bibliothèques publiques, et les bibliothèques privées y étaient nombreuses. Exemple exceptionnel dans le monde musulman, où la connaissance était réservée aux élites.  Mais c’était vrai presque partout dans le monde. Situation spéciale de Tombouctou  qui doit peut-être cet aspect de sa société aux origines réelles de la ville.

Tombouctou fut « redécouverte » au XII° siècle par l’Islam, et redémarra sur le plan économique et intellectuel  au XVI°. Ce que le film ne raconte pas, mais le réalisateur ne pouvait pas s’aliéner toutes les mosquées de la planète,  et qu’ont révélé il y a déjà plus d’une décennie   chercheurs et archéologues, c’est que la ville fut créée au premier siècle de notre ère par des israéliens, hébreux chassés d’Israël par les romains, après la prise de Jérusalem par les légions de Titus. Après le pillage et la destruction du Deuxième Temple. La diaspora qui s’ensuivit, imposée par les romains victorieux, amena des juifs à se réfugier loin d’Israël. Jusqu’à l’Himalaya et en Chine  à l’Est, jusqu’au fleuve Niger au Sud-Ouest. Et des membres d’une communauté juive chassée du royaume d’Israël par Titus et ses légions, sont allés créer une ville nouvelle, Tombouctou. Cette communauté était manifestement en déclin à partir du quatrième siècle. Elle semble avoir disparu au VI° siècle. Mais depuis sa création il y a plus de deux mille ans par des membres du « peuple du Livre », le livre était une tradition juive de Tombouctou. Il en est surement resté quelque chose ensuite. Les traditions perdurent au travers des générations.

Ne ratez pas « Timbuktu », sur « France Ô ». Un film exceptionnel, mais pour les adultes et les grands ados. Pas pour les plus jeunes.  

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